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Jalousie dans le couple : quand elle est normale, quand elle devient du contrôle

Jalousie dans le couple : la différence entre un pincement passager et le contrôle, d’où elle vient, comment en parler, et quand demander de l’aide.

Écrit par l’équipe Venna Mis à jour le · 7 min de lecture

Un peu de jalousie dans le couple, c’est courant : un pincement quand votre partenaire parle avec enthousiasme d’un nouveau collègue, une gêne en voyant un vieux message d’un ex. Le problème commence quand ce sentiment se transforme en surveillance : fouiller le téléphone, demander où l’autre se trouve toutes les heures, lui interdire de voir ses amis. Cet article vous aide à faire la différence, explique d’où vient la jalousie en couple et comment en parler, que vous soyez la personne jalouse ou celle qui la subit.

Jalousie ordinaire ou jalousie qui contrôle

La jalousie ordinaire est une émotion. Elle arrive, elle gêne, puis elle passe, surtout quand on peut en parler. Celui ou celle qui la ressent peut souvent la dire sans accuser l’autre : « Je sais que c’est idiot, mais ça m’a fait quelque chose de te voir rire autant avec lui. »

La jalousie qui contrôle, elle, ne reste pas à l’intérieur. Elle se traduit en actes et en règles imposées à l’autre :

  • regarder son téléphone en cachette, lire ses messages, exiger ses codes ;
  • suivre sa position en permanence, ou installer une application à son insu ;
  • envoyer des messages et appeler sans arrêt pour savoir où il ou elle est, et avec qui ;
  • lui interdire de voir certains amis, ou la famille ;
  • décider de ses tenues, critiquer sa façon de s’habiller « pour les autres » ;
  • le culpabiliser : « Si tu m’aimais, tu n’irais pas à ce dîner. »

On peut ressentir une jalousie très forte sans rien imposer à l’autre. Ce qui fait basculer, c’est le passage à l’acte : au lieu d’en parler, on restreint la liberté de l’autre.

D’où vient la jalousie dans le couple

Derrière la jalousie, il y a souvent la peur de perdre l’autre. C’est ce que décrivent les psychologues américains Sharpsteen et Kirkpatrick dans une étude publiée en 1997 : ils voient la jalousie amoureuse en partie comme une réaction à une menace sur le lien d’attachement, ce lien qui nous fait chercher la proximité et la sécurité auprès de la personne qu’on aime.

Dans leur étude, les participants ne réagissaient pas de la même façon à la jalousie selon leur style d’attachement. Les personnes plutôt anxieuses dans leurs relations avaient tendance à garder leur colère pour elles. Les personnes plutôt évitantes s’en prenaient davantage à la personne vue comme une rivale. Celles qui se sentaient en sécurité disaient plus volontiers leur colère à leur partenaire, directement.

Ces résultats décrivent des tendances observées dans un groupe : ils ne disent rien de précis sur votre couple. Un test en ligne sur l’attachement ne pose pas de diagnostic non plus. Si vous vous interrogez sur votre façon de vous attacher, un psychologue peut vous aider à y voir plus clair.

Quand c’est vous qui êtes jaloux ou jalouse

Repérez le moment. Qu’est-ce qui a déclenché la jalousie ? Un fait précis (un message, un retard, un prénom qui revient souvent) ou une impression ? Le noter aide à distinguer ce qui s’est passé de ce que vous avez imaginé.

Parlez de vous, pas de l’autre. « Tu passes ta vie à parler à cette fille » met votre partenaire sur la défensive. « Quand tu m’as parlé d’elle pour la troisième fois de la semaine, j’ai eu peur de compter moins pour toi » permet d’en parler. Si vos échanges tournent vite au conflit, notre article sur la dispute de couple donne des pistes pour aborder un sujet sans attaquer.

Ne fouillez pas. Regarder le téléphone de l’autre ne rassure presque jamais longtemps : soit vous ne trouvez rien et le doute revient, soit vous trouvez un message ambigu et vous ne pouvez pas en parler sans avouer que vous avez fouillé. Dans les deux cas, vous avez trahi sa confiance.

Demandez ce dont vous avez besoin. Un message quand votre partenaire rentre tard, rencontrer ses nouveaux collègues, un moment à deux dans la semaine : ce sont des demandes, et l’autre peut dire non ou proposer autre chose. Exiger de connaître sa position à toute heure, c’est autre chose.

Si votre jalousie vous fait peur, prenez-la au sérieux. Vous vous surprenez à vérifier, à interdire ou à menacer ? Demandez-vous si elle répond à ce qui se passe dans votre couple, ou si elle vient d’avant. Un psychologue peut vous aider à comprendre ce qui se joue.

Quand vous subissez la jalousie de l’autre

Si votre partenaire est jaloux ou jalouse, vous pouvez rassurer sans tout céder :

  • Écoutez la peur derrière le reproche. « Tu as l’impression que je m’éloigne ? » répond mieux qu’une justification point par point.
  • Choisissez ce que vous racontez. Dire avec qui vous dînez, présenter vos amis : ça peut apaiser une inquiétude.
  • Posez vos limites. Rassurer ne veut pas dire rendre des comptes. Vous pouvez refuser de donner vos codes, de partager votre position ou de couper les ponts avec un ami.
  • Repérez si ça s’aggrave. Si vous commencez à éviter certaines personnes, à effacer des messages pour éviter une scène ou à surveiller ce que vous dites, la jalousie a pris trop de place.

Ce qui aide à deux

  • En parler à froid. Pas au moment où le téléphone vibre, ni à 1 h du matin après une soirée. Choisissez un moment calme, sans écran.
  • Se mettre d’accord sur ce qui compte pour chacun. Ce qui paraît normal à l’un (déjeuner avec un ex, liker des photos, sortir sans l’autre) ne l’est pas forcément pour l’autre. Mieux vaut le savoir que le deviner.
  • Se rassurer au quotidien. Un message dans la journée, un compliment, du temps ensemble : ces petits gestes ne règlent pas tout, mais ils entretiennent la confiance.
  • Revenir sur ce qui a été blessant. Si la jalousie vient d’une trahison passée, il faut souvent en reparler pour comprendre ce qui fait encore mal. Notre guide sur la communication dans le couple aide à aborder les sujets délicats.

Questions à se poser à deux

À un moment calme, pas au milieu d’une crise :

  1. Ta jalousie, elle arrive à quels moments ?
  2. Ma jalousie, ça se voit comment, d’après toi ?
  3. Qu’est-ce qui te rassure, quand tu doutes ?
  4. Pour toi, qu’est-ce qui est OK ou pas avec un ex, un collègue, un ami ?
  5. Il y a une chose que je fais qui t’inquiète et dont tu ne m’as jamais parlé ?
  6. Qu’est-ce qu’on pourrait essayer ce mois-ci pour se faire plus confiance ?

Quand la jalousie devient du contrôle

Le site du gouvernement « Arrêtons les violences » fait une distinction nette : dans une dispute, deux points de vue s’opposent d’égal à égal. Dans les violences, l’un installe un rapport de domination et prend le pouvoir sur l’autre.

Parmi les exemples qu’il cite : vouloir toujours savoir où est l’autre et avec qui, l’appeler et lui écrire sans arrêt, contrôler ou pirater son téléphone et ses réseaux sociaux, décider de ses tenues, lui interdire de voir ses amis ou sa famille. La géolocalisation et les logiciels espions y figurent parmi les cyberviolences. « C’est parce que je t’aime » ne change rien à la nature de ces gestes.

Si vous vous reconnaissez dans ces situations, ou si vous avez peur de la réaction de votre partenaire, ce n’est plus une question de jalousie à régler à deux. Le 3919 écoute, informe et oriente les femmes victimes de violences et les témoins, gratuitement, 24 h sur 24 et 7 jours sur 7. En cas de danger immédiat, appelez le 17 ou le 112 ; si vous ne pouvez pas parler, envoyez un SMS gratuit au 114. Le 116 006, numéro d’aide aux victimes, s’adresse à toutes les victimes d’infractions, femmes comme hommes ; l’appel est gratuit, et la ligne ouverte tous les jours de 9 h à 20 h.

Quand consulter

Si la jalousie revient sans cesse malgré vos efforts, si elle repose sur une infidélité que vous n’arrivez pas à dépasser ou si vous ne pouvez plus en parler sans vous blesser, un professionnel peut vous aider. Notre guide sur la thérapie de couple explique qui consulter et ce que ça coûte. En cas de contrôle ou de violence, la thérapie de couple n’est pas adaptée : tournez-vous d’abord vers le 3919 ou le 116 006.

En parler avec un couple qui est passé par là

Sur Venna, vous parlez tous les deux pendant une heure, de vive voix, avec un autre couple qui vit la même chose ou qui est passé par là. Vous choisissez un thème, la confiance par exemple. L’application pose les questions et donne la parole à chacun. Personne ne donne son vrai nom, et la session n’a lieu que si vous êtes d’accord tous les quatre. Chaque couple raconte ce qu’il a vécu, plutôt que de donner des conseils. Rien n’est enregistré, sauf si vous choisissez tous les quatre une session enregistrée avec un couple d’expérience, et aucune IA n’écoute.

Venna n’est pas une thérapie et ne convient pas aux situations de contrôle ou de violence. Si vous pensez au suicide, appelez le 3114, gratuit et ouvert 24 h sur 24.

Sources

Questions fréquentes

Est-ce normal d’être jaloux dans son couple ?

Une jalousie passagère est courante. Elle arrive, elle gêne, puis elle passe, surtout quand on peut la dire sans accuser l’autre : « Je sais que c’est idiot, mais ça m’a fait quelque chose de te voir rire autant avec lui. » On peut ressentir une jalousie très forte sans rien imposer à l’autre ; ce qui fait basculer, c’est le passage à l’acte.

D’où vient la jalousie amoureuse ?

Derrière la jalousie, il y a souvent la peur de perdre l’autre. Dans une étude publiée en 1997, les psychologues Sharpsteen et Kirkpatrick la décrivent en partie comme une réaction à une menace sur le lien d’attachement. Les participants plutôt anxieux dans leurs relations gardaient leur colère pour eux, alors que ceux qui se sentaient en sécurité la disaient directement à leur partenaire.

Comment arrêter d’être jaloux ou jalouse ?

Repérez ce qui a déclenché la jalousie : un fait précis ou une impression. Parlez de ce que vous avez ressenti plutôt que d’accuser l’autre, et demandez ce dont vous avez besoin, comme un message quand il ou elle rentre tard. Si votre jalousie vous pousse à vérifier, à interdire ou à menacer, un psychologue peut vous aider à comprendre ce qui se joue.

Mon partenaire est jaloux : comment le rassurer sans tout céder ?

Écoutez la peur derrière le reproche : « Tu as l’impression que je m’éloigne ? » répond mieux qu’une justification point par point. Vous pouvez dire avec qui vous dînez ou présenter vos amis. Mais rassurer ne veut pas dire rendre des comptes : vous pouvez refuser de donner vos codes, de partager votre position ou de couper les ponts avec un ami.

Fouiller le téléphone de son conjoint, est-ce grave ?

Regarder le téléphone de l’autre en cachette trahit sa confiance, et ça ne rassure presque jamais longtemps. Soit vous ne trouvez rien et le doute revient, soit vous trouvez un message ambigu dont vous ne pouvez pas parler sans avouer que vous avez fouillé. Exiger les codes ou suivre sa position en permanence fait partie des signes de contrôle.

Quand la jalousie devient-elle de la violence ?

Le site gouvernemental « Arrêtons les violences » cite notamment le fait de vouloir toujours savoir où est l’autre, de contrôler son téléphone, de décider de ses tenues ou de lui interdire de voir ses proches ; la géolocalisation et les logiciels espions font partie des cyberviolences. Si vous vous reconnaissez dans ces situations, le 3919 écoute les femmes victimes de violences et les témoins, gratuitement, 24 h sur 24. En cas de danger immédiat, appelez le 17 ou le 112 ; si vous ne pouvez pas parler, envoyez un SMS au 114.

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